David Belloc, Portfolio Manager

David Belloc,

Portfolio Manager au sein d’une société du CAC Next 20.

Comment peut-on définir la gestion smart bêta ?

D’une manière générale, le bêta d’un placement fait référence à sa sensibilité au marché actions.
Les méthodes de construction de portefeuilles dites « smart bêta » ont vocation à exposer le portefeuille non pas directement au marché (bêta), mais à ses facteurs de risque (smart bêta), et ce de manière intelligente c’est à dire en minimisant le risque tout en maximisant la performance.

Les investisseurs prennent de plus en plus conscience de l’inefficience des indices traditionnels qui se sont révélés inefficaces dans de nombreuses
phases de marché. Dans le cadre d’une gestion smart beta, les actions sont pondérées en fonction d’autres critères que la capitalisation boursière tels que la volatilité, la valorisation ou la performance passée. Ces approches permettent d’éviter la surreprésentation des grandes capitalisations de même que l’exposition à des sources de risque mal rémunérées.

 » la stratégie Minimum Variance qui consiste à minimiser le risque en diversifiant le portefeuille a délivré par le passé des rendements supérieurs à ceux du marché tout en diminuant la volatilité de 30%. « 

Sur quoi les stratégies smart bêta s’appuient-elles pour surperformer le marché actions ?

D’après le modèle d’évaluation des actifs financiers, ou CAPM en anglais, les indices pondérés par les capitalisations sont censés offrir les meilleurs rapports rendement/risque. Les stratégies « smart beta » prouvent le contraire.

Par exemple, la stratégie Minimum Variance qui consiste à minimiser le risque en diversifiant le portefeuille a délivré par le passé des rendements supérieurs à ceux du marché tout en diminuant la volatilité de 30%.

Plus globalement, ces stratégies se concentrent sur les primes associées à ce qu’on appelle couramment des « anomalies de marché » telles que les « primes value », « momentum », faibles volatilités ou petites capitalisations, payantes dans la durée. La gestion « smart beta » a donc vocation à saisir ces primes offertes par le marché tout en limitant leurs risques inhérents. Il s’agit d’une gestion quantitative et systématique avec des rebalancements de portefeuille réguliers.

La recherche pour le développement, la validation et les améliorations du modèle est donc primordiale ainsi que la mise en place d’une organisation et d’un système d’information cohérent et agile.

 

Propos recueillis par Antoine Isambert, Président ICG.

Gérant et fondateur d’ICG