Le Digital, est-ce simplement un nouveau secteur d’activité à forte croissance ?

Le Digital n’est pas qu’un nouveau secteur d’activité à proprement parler mais c’est une transformation qui touche l’ensemble des entreprises et administrations ainsi que notre vie personnelle. Pour preuve, nous constatons que :

  • 75% des acheteurs BtoB sont influencés par les réseaux sociaux *
  • Seuls 5% des décideurs répondent aux appels de prospection téléphonique alors qu’ils sont 5 fois plus à être enclins à répondre à une demande de mise en relation
  • Une marque employeur forte (i.e stratégie digitale dédiée aux questions de recrutement et RH) diminue de manière très conséquente le turn-over et les coûts de la fonction RH d’une organisation
  • Les réseaux sociaux sont un outil de veille performant mais aussi le moyen de faire de la prise de référence et de recouper des infos

Les entreprises sont donc pour la plupart tentées de lancer ou d’intensifier leurs Programmes / Projets de Transformation Digitale et pour cela elles travaillent sur deux axes principaux qui consistent à digitaliser les processus existants (lorsque cela fait sens) et à digitaliser les collaborateurs au profit de l’entreprise.

La Digitalisation des processus existants nuit-elle à la sécurité des données personnelles et société ?

Quelle que soit la typologie de projets concernés, la transformation digitale oblige les organisations (entreprises, , etc) à réfléchir, préparer voire repenser leur gestion des données sensibles.

En effet, la digitalisation d’un processus (ex : suivi commercial BtoC / BtoB, gestion du recrutement, …) implique un échange accru de données via un système d’informations. D’où une augmentation des risques de vol de données sensibles et de cybercriminalité.

Les entreprises doivent en conséquence réviser leur politique de sécurité et de gestion des données sensibles (données utilisateurs, données cartes bancaires, données personnelles / revenus, …). Pour cela, elles s’appuient sur les normes nationales (CNIL, SAFE HARBOR, …), internationales (PCI DSS pour les données cartes bancaires, …) ainsi que sur leurs propres normes définies sur la base de leur expertise et de leur compréhension de leur secteur d’activité.

La Digitalisation des collaborateurs, risque ou opportunité ?

Les premiers ambassadeurs d’une société sont ses collaborateurs. A ce titre, certaines entreprises souhaitent que les cadres fassent la promotion de la société en ligne.

Au travers de ce panorama, nous voyons que plusieurs sphères, qui avant l’ère digitale étaient parfaitement cloisonnées, se rencontrent :

  • La sphère personnelle à Facebook, Foursquare, Youtube, Instagram, …
  • La sphère professionnelle personnelle (gestion de sa carrière professionnelle) à Linkedin (1er réseau social professionnel en France et dans le Monde), Twitter, Facebook, …
  • La sphère professionnelle société (promotion de ma société) à Linkedin, Twitter, Facebook, …

Pour répondre au souhait de l’entreprise de promotion via ses collaborateurs, ces derniers doivent avoir une prise de conscience et s’impliquer sur de nouveaux axes de travail car les réseaux sociaux nécessitent une bonne compréhension des outils mais aussi des usages et des codes. La génération Y a déjà intégré l’ensemble de ces pratiques. Le défi reste pour les générations antérieures qui sont majoritaires en termes d’effectifs dans les entreprises. Heureusement, le degré d’adaptabilité d’une personne n’est pas qu’une question d’âge.

Le principal risque inhérent à la digitalisation des collaborateurs est le risque « Image » c’est à dire que le contenu publié par un collaborateur sur les médias sociaux soit en décalage avec le message de l’entreprise. Pour le prévenir, la formation des collaborateurs à l’utilisation des réseaux sociaux est un minimum nécessaire.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles sont confrontées les organisations dans leur transformation digitale ?

Hormis les risques relatifs à la gestion des données sensibles et à la protection de l’ « Image » de l’entreprise, l’une des principales difficultés pour la transformation digitale réside dans la capacité à faire travailler ensemble des personnes d’horizons différents avec des métiers, des objectifs, des natures de sujets différents. Il y a les web marketeurs, les développeurs, les traffic analyst, les spécialistes du référencement (SEO), les spécialistes des réseaux sociaux (et autres fonctions qui se créent régulièrement dans le Digital), les architectes techniques, les DSI, les responsables marketing, les responsables métiers/opérationnels. Certains ont pour vocation de développer une activité, une image, un business, un processus. D’autres doivent s’assurer de la sécurité du SI, du bon ROI d’une activité digitale, des risques opérationnels, etc.

Il est alors nécessaire de faire se rencontrer des univers qui sont aux antipodes, qui ont leurs vocabulaires spécifiques respectifs, qui ont des timings projets différents avec des responsabilités équivalentes.

Pour avancer sereinement, un cadrage précis qui définit clairement les objectifs accompagné d’un reporting régulier (via un Dashboard) auprès de l’ensemble des parties prenantes permettent de mettre toutes les chances de son côté.

En outre, il faut garder à l’esprit que les projets à teneur « Digital » sont en perpétuelle évolution. En effet, la digitalisation va conduire et conduit déjà à la multiplication des données exploitables ; cela ouvre de nouveaux champs d’investigation et peut amener à faire évoluer les projets en cours. On cherche par exemple à comprendre les comportements au travers des signaux apportés par les données ou à rendre les données intelligentes. Toutes les perspectives sont alors envisageables dans ce nouveau « champ des possibles » qu’on appelle communément le Big Data.

Au travers de nos missions, nous constatons que la digitalisation du personnel facilite les projets de digitalisation des process existants (meilleure acceptation et compréhension de la part des utilisateurs finaux).  Nous remarquons également que les projets digitaux engendrent systématiquement un renforcement voire une refonte des procédures de sécurisation des données.

* étude LinkedIn

Gérant et fondateur d’ICG