Aux prémices de la révolution digitale, si nos entreprises du CAC 40 manifestent une appétence certaine pour le sujet, il est moins aisé pour nos ETI et PME d’en définir les pourtours, d’amorcer des projets ou d’harmoniser les initiatives internes quand il y en a. Ces entreprises sont ouvertes à l’innovation cependant il revient souvent la même phrase : « Digitaliser ok … mais digitaliser quoi ? »

 

La digitalisation c’est quoi ?

C’est avant tout une histoire de méthode dont le point de départ consiste à s’interroger sur soi-même. Quelle est mon activité ? Comment suis-je organisé : mes ressources humaines et technologiques, ainsi que leurs interactions ? C’est l’opportunité de revoir l’ensemble de ses process, de détecter ses axes d’amélioration et de la faire de manière collaborative.

 

Scinder ses activités Front Office et Back Office

Dans les esprits, la digitalisation concerne quasi exclusivement les activités front office, tels que la communication, le marketing. Le relation client, ses nouveaux modes de consommation, son expérience avec la marque sont devenus des priorités, les nouvelles technologies de traitement de la donnée sont venues soutenir ces dernières.

Mais d’autres domaines d’application, orientés back office, tels que la dématérialisation des process internes (facturation, des bulletins de paie, …) ou la digitalisation de pratique comme la signature électronique rentre également dans le scope. L’émergence du digital permet de réduire les taches chronophages plaçant ainsi le collaborateur dans de meilleur condition et sur des missions à plus forte valeur ajoutée.

A l’issue de identification des activités à traiter, trois leviers seront au service de la transformation digitale :

– L’équipement et l’utilisation des technologies innovantes,

– L’exploitation de la donnée,

– La mise en place de nouveaux usages, cultures et organisation

 

Digitaliser étape par étape

L’entreprise ne peut passer aux 100% digital d’un coup, c’est impossible et non pertinent. Il faut prendre le temps d’identifier les activités ou process à digitaliser, et se lancer étape par étape. Par exemple, une facturation électronique ne pourra se faire en 100% numérique du jour au lendemain. Dans un premier temps, le numérique et le papier cohabiteront, puis progressivement le numérique prendra la place principale.

Cela sous-entend que pendant un temps l’entreprise mènera deux process de front qui souvent ce traduit dans les discours par « Deux fois plus de travail ». A quoi s’ajoute, comme pour tout projet de digitalisation, l’effet de nouvelles cultures, telles que celles de l’expérimentation et du droit à l’erreur, qui souvent pas native, peuvent peser sur le climat social si elles n’ont pas fait l’objet d’un plan politique d’accompagnement au changement.

 

Les clés de la réussite

Définir une gouvernance transversale qui aura la capacité de légitimé ses actions auprès de tous les acteurs de l’entreprise.

Comprendre les résistances au changement. Souvent on constate beaucoup d’envie à l’idée de changer, mais quand arrive le changement la réticence à l’idée de modifier sa façon de travailler apparait et les blocages se font ressentir.

Franchir le cap, lancer les projets sur de cycles courts et itératifs, travailler sur la culture de l’expérimentation et celle du droit à l’erreur.  Accepter de ne pas faire du ROI votre priorité immédiate car aussi curieux que ça puisse paraître, il peut vous manquer de visibilité sur le retour en investissement.

Allouer des moyens financier et humain, sans avoir peur de recourir est des ressources externes même si la culture du recours à une aide extérieur n’est pas ancrée dans le monde des ETI et PME car vécues comme trop coûteuse.

Sécuriser ses données sans excès. La donnée est un actif de l’entreprise, il ne faut pas en faire une menace mais belle et bien une opportunité.  Preuve en est avec la RGPD, on a pu sentir une angoisse de la donnée. Mais la mise en application de ce règlement a été une opportunité : La compréhension de l’existant, la rationalisation des processus et l’assainissement de bases de données vont permettre aux entreprises de trouver de nouveaux leviers pour leur business.